Makotoshop Tattoo

Bienvenue dans notre studio de tatouage à Bruxelles, situé près de la Basilique de Koekelberg. Le Makotoshop vous offre une expérience unique. Depuis plus de 20 ans, nous privilégions une ambiance chaleureuse, loin des studios « usines », pour créer un espace de confiance où chaque client est accueilli avec attention et écoute par une petite équipe expérimentée. Ici, pas de foule ni de passage rapide : nous nous consacrons pleinement à vos projets, quel que soit le style ou la taille, que ce soit pour un premier tatouage ou une nouvelle pièce. En choisissant notre studio, vous optez pour l'expertise, la sincérité et une approche sur mesure, portée par deux passionnés: Sandra & Tako

Dernières réalisations

Vos témoignages

Au delà de la maîtrise, l'originalité, l'écoute, la finesse, une rencontre humaine extraordinaire. Allez-y et laissez-vous emporter sans modération.

Ngoc-Tuan Nguyen

Merci à vous deux pour ce beau moment où l'émotion était tel que j'en ai pleuré tellement tu as réussi à faire bien plus que mes attentes.... Une séance chez toi est toujours un moment magnifique de bienveillance de gentillesse et d' humour avec notre Sandra qui passe du rire à la bienveillance sans cesse❤️ vous formez une merveilleuse équipe et surtout on en ressort toujours aux anges et dans l'attente du prochain rendez vous ❤️

Stéphanie DESCHAMPS

Merci l'artiste Tako et merci pour votre gentillesse votre écoute et vos bons conseils 🥰😘😘

Véronique Soru

Je suis toujours admirative de voir comment il récupère un tatouage et le rendre magnifique

Josué Ylana Cath

Merci à vous ! Au-delà du tatouage, j’ai passé un moment d’une humanité trop rare !

SALVATORE MINNI

Ce fut un vrai plaisir et je suis très content du résultat. 🥰

THOMAS VANSTRAELEN

Ma toute première fois! Grâce à une équipe de "personnes bien", ce ne sera sans doute pas la dernière! Mieux vaut tard que jamais!Une première pour une cause qui me tient à cœur, que vouloir de plus ❤️. J'ai l'impression d'avoir apporté ma toute petite pierre à l'édifice. En route maintenant, puisque tout se passe bien, pour de nouveaux projets. Merciiiiiiii d'être vous et à bientôt 😍😍😍😍😍😍

Dominique.

Merci à vous, toujours un grand moment de passer au Makoto!

Simon Brennet

Merci pour cette belle action mais aussi la découverte d’une chouette équipe à l’écoute, disponible et professionnelle. J’en suis très satisfaite ☺️🎀🫶🏾

Davina

Je rejoins le commentaire de Davina, Belle découverte du salon et une équipe formidable à l'écoute et très professionnelle! Merci à vous pour cette action grâce à vous je soutiendrait cette cause à vie et j'ai ma belle sœur ancré dans la peau ❤️

Jennifer De Pauw

Génial! Terrible équipe! 💪

BENOIT PETERS

🥰 j'ai même trouvé la séance un peu courte. Plus l'habitude de longue seance🤣🤣🤣 vivement le prochain

Jessica Cicchini

Se faire piquer chez Makoto c’est surtout faire la rencontre de 2 personnes incroyablement sincère! Au bout d’une séance j’ai eu l’impression de vous connaître depuis toujours tellement l’échange est humain et remplit d’humilité! Merci pour ce que vous partagez au travers cet art! 🙏🏻

Christopher

Moi je dis un GRAND MERCI à une super équipe à l’écoute de ce qu’on veut comme tatouage. Un vrai plaisir de partager ces moments entre le client et l’artiste! 😊😊😊

Benoît Peters

Quand je parle de Tako, je dis "mon tatoueur". A jamais dans ma peau 😉😘

Yann Rieuneaud

Magnifique de loin un tatoueur hors pair

Céline Berges

Les meilleurs! Je ne retournerai plus jamais ailleurs 💖

Jessica Buyl

Ooh que oui une équipe formidable à l'écoute avec énormément de respect et de bonne humeur chaque moment passé avec vous est un moment de bonheur pour à la fin repartir avec un magnifique tatouage correspondant entièrement à nos attentes. Vivement le suivant 😉 et merci à la magnifique équipe que vous êtes🖤

Stéphanie Deschamps

Vous êtes exceptionnels tous les deux 😍 !!On commence avec un tattoo 🙈 on finit avec 3-4-5 😂 et ça c'est parce qu'on a une confiance aveugle en vous, du résultat époustouflant !! A force de venir, vous commencez à bien nous connaître ce qui permet de savoir déjà à l'avance ce qu'on attends de vous 😁 !!Vous êtes géniaux 😘 restez comme vous êtes !!

Nadège Calonne

Un moment suspendu passé avec vous pour mon dernier petit tatouage... Un tatouage chez vous, ce n'est pas juste un dessin, c'est un moment de vie partagé pour l'éternité 💖

Sandrine Marcotte

Vous êtes juste au top.Merci beaucoup.Vous donnez de l'émotion dans vos réalisations et pour ça MERCI❤️❤️

Céline Demarche

Encore un travail de qualité et d’imagination. Bravo Tako…👍

Francis D'Hondt

C’est magnifique comme travail. Quel chef-d’œuvre 🤩

Sigrid Deramaix

tes œuvres gravées sont toujours magnifiques! Bravo ça donne envie de ... revenir encore ;-)

Kathleen Schmitz

J adore , c est tout simplement magnifique

Gina

Au-delà de toutes les symboliques et du véritable côté artistique que l'on peut voir dans ces story, ce qui me touche le plus c'est le côté humain sous toutes ses formes que vous vivez au travers de votre passion, le tatouage. J'ai beaucoup de mal à vivre au sein de cette société qui est la nôtre mais je me surprends à "aimer" certaines personnes des qui la compose à travers ces témoignages. Bravo à vous deux de donner un peu de couleurs dans ce monde si sombre.

Thierry Pierrard

Il est top Tako, quel talent merci pour tout le travail effectué dans la joie, la bonne humeur et la bienveillance. Merci à vous.

Cicchini Jessica

Juste mortel!!! Super boulot!!!

Arnaud Goor artmetalworkshop

Wouah, mais on ne voit plus du tout celui d'avant! C'est trop bien fait, bravo!!!

Patricia Lemay

On est toujours content chez Tako!

Magalie Macherot

Merci à vous pour votre professionnalisme, votre bonne humeur, vos discussions. Votre salon c'est un cocon de douceur (bon ça pique un peu mais ça passe crème car vous êtes trop chouettes).

Myriam Ben Larbi

Merci à toi Tako pour ton talent et ta gentillesse, tu es un véritable artiste. A bientôt.

Cathy

Merciiiià vous deux, vous êtes au top!

Machiels Carine

Nos derniers articles

Chapitre 8 (Première partie) : Les aspérités de la marge.

Chapitre 8 (Première partie) : Les aspérités de la marge.

Les aspérités de la marge.L’hôtesse de l’air entama la chorégraphie de sécurité avec la mine un peu figée de ceux qui savent que personne ne regarde vraiment. Des gestes précis, rythmés par l’annonce pré-enregistrée. Une gymnastique réglementaire, quelque part entre le mime fatigué et la messe. Certains danseurs de tektonik y avaient peut-être trouvé une inspiration, quelques années plus tard.L’avion quitta le sol de Narita.Je quittais Tokyo.Dans une vingtaine d’heures, je retrouverais mon appartement de Gandia, que j’occupaisdésormais depuis plusieurs mois. La ville universitaire espagnole, ancien terrain de jeu des Borgia. Leur influence flottait peut-être encore dans l’air. Je n’aurais pas su le dire. J’étais trop occupé à m’aiguiser. Entraînement, lecture, entrainement, lecture,…Le vol de retour se fit coincé entre deux réalités bien concrètes.À droite, un Américain dont la masse semblait ignorer les limites physiques du siège attribué. À gauche, un enfant espagnol incapable de rester immobile plus de dix secondes et qui me fit m’interroger sur la traduction de TDAH. Entre les débordements de l’un et de l’autre, je tentais d’exister dans un couloir de quelques centimètres. Cela clôturait logiquement la semaine étriquée que je venais de passer.Les films diffusés n’aidaient pas.Godzilla en japonais, hurlant sa dépression nucléaire pendant que la moitié de l’avion hochait la tête avec la gravité d’une armée de psychiatres.Mister Bean, dans la foulée, déclenchant une vague de rire si unanime qu’on aurait pu croire à un défilé militaire.Je coupai tout. Rien là-dedans ne méritait que je reste éveillé. Je plongeai ailleurs. Comme souvent, une apnée mentale, devenue réflexe.Le stage au Kodokan avait duré une semaine. Un dojo mythique, un thème : Le combat au sol.L’ambiance, avait été des plus glaciale.Les intervenants se succédaient, chacun déroulant son héritage avec le sérieux d’un prêtre récitant une liturgie connue par cœur. Quand mon tour arriva, je fis ce que je savais faire, peut-être maladroitement. Je démontai. Je simplifiai. Je pris des libertés. Trop, visiblement.Les participants suivirent enthousiastes.Les dirigeants, beaucoup moins.Très vite, je compris que quelque chose coinçait.L’interprète, lui, porta la main à son visage, dès ma première explication. Lentement. Les yeux couverts.Le geste de quelqu’un qui vient de comprendre qu’il va devoir traduire l’intraduisible,et assumer seul l’effondrement diplomatique qui s’annonce. Dès le troisième jour, la sanction tomba.Douce. Silencieuse. Presque élégante.On me glissa dans un coin du tatami, loin du centre. À l’écart.Le genre d’endroit réservé aux plantes vertes, aux sacs oubliés, et aux idées qu’on préfère ne pas voir circuler trop librement.La manœuvre produisit un effet inattendu.Les élèves commencèrent à dériver vers moi. Lentement. Naturellement. Comme on se rapproche d’une source de chaleur quand le reste de la pièce est trop froid.Cela se termina par l’annulation pure et simple du dernier jour du stage, officiellement pour « raisons techniques ».Je les revois encore, les dépositaires de l’ordre établi,  le dos droit, le visage soigneusement neutre, me remerciant pour ma présence avec une courtoisie irréprochable, tout en espérant très fort que l’expérience ne se reproduirait jamais.Dans l’avion, ce souvenir me fit sourire.Puis un peu moins, une idée, plus inconfortable, s’imposa.Rien de tout cela n’avait été improvisé. J’avais été envoyé là.Pas pour enseigner.Pas vraiment.Plutôt pour déranger.Un pavé lancé délibérément dans une mare immobile, entretenue avec soin depuis des générations.Les codes.Les structures.Les hiérarchies.Tout ce qui tient debout tant que rien ne vient poser de question.Et moi, cette semaine-là, j’avais été cette question qui dérange.Je ne pouvais pas trahir ce que je faisais pour m’assurer une place parmi mes pairs.Mais je découvrais aussi le prix de cette fidélité.La différence n’était pas un choix héroïque.C’était un territoire étroit, silencieux, peu fréquenté.Cette semaine-là, j’avais servi de signal.Pour les pontifes, sans doute.Pour moi surtout.Il fallait l’admettre : C’était là que je me tenais. Une place dont j’ai fait mon foyer au fil des années.Coincé entre mes deux compagnons de vol, je ne me sentais pas entièrement sorti de ce stage. Heureusement, tout n’avait pas été tendu. Il y avait eu un détail. Un mot, répété encore et encore.« Tako »Les plus jeunes élèves japonais le lançaient quand je montrais une immobilisation, quand je proposais une sortie, dans les couloirs, en passant. J’avais fini par demander à l’interprète. -Tako veut dire pieuvre.Dans l’avion, le lien se fit : La pieuvre, l’adaptation, les bras qui partent dans tous les sens sans jamais perdre le centre. Rien à voir avec la maîtrise parfaite d’un seul geste. Plutôt une capacité à faire naître le geste de la nécessité.Se spécialiser peut être rassurant.Cela rend lisible.Cela permet d’approfondir, de creuser, de transmettre sans se disperser.Pour certains, c’est une fidélité tenue toute une vie à un même geste.Ne pas se spécialiser, à l’inverse, oblige à rester en mouvement.À apprendre encore, à désapprendre souvent.À accepter l’instabilité comme condition normale.Ni l’un ni l’autre n’est supérieur.Ce sont deux manières différentes de faire face au réel.Je préfère composer avec ce qui arrive. Répondre plutôt qu’imposer. Le spécialiste projette son monde.De mon côté, j’ai appris à laisser le réel modifier ce que je fais .C’est moins propre. Moins vendable. Souvent inconfortable.Et forcément, ça place à la marge.Tako. Le mot resta. Il devint mon nom d’artiste.

Chapitre 7 (Fin): Des illusions.

Chapitre 7 (Fin): Des illusions.

Les deux mois d’été passèrent dans un va-et-vient régulier entre Cullera et Denia. Moins de frictions, moins de chaos, mais toujours cette impression de tourner autour de quelque chose qui ne venait pas. Et c’est avec une certaine amertume que je sentais peu à peu la flamme qui m’avait animé lors de mon arrivée en Espagne, s’étouffer sous le manque d’air.Seules des demandes propres, bien cadrées, et pourtant vides ne s’offraient à mes aiguilles et à mon âme.La question n’avait jamais été leur taille, mais ce qu’ils racontaient, ou plutôt ce qu’ils ne racontaient pas. Ils n’étaient que des copies esthétiques, sans nécessité.Les rencontres glissaient sans laisser d’empreinte.Si peu, en réalité, qu’un seul visage demeurait dans ma mémoire.Je m’étais souvent demandé si le tatouage, dans certains cas, ne répondait pas au même besoin que ces gestes que l’on retourne contre soi. Il entra accompagné de sa mère.Elle parla tout de suite, comme si le silence était dangereux. Elle répondait avant lui, finissait ses phrases, remplissait l’air dès qu’il hésitait, jusqu’à décider à sa place de ce qu’il devait ressentir. Lui restait légèrement en retrait, comme s’il avait déjà appris que prendre trop de place pouvait coûter cher.Lorsqu’il releva la manche de son sweat, il n’y eut rien à deviner. Les cicatrices étaient là, fines, répétées, certaines anciennes, d’autres plus récentes. Rien de spectaculaire ou qui aurait eu pour vocation d’être vu.Le souvenir de certaines pulsions anciennes me revint.Enfant, déjà, j’avais appris à me faire mal. Autrement, sans entailles, sans traces visibles pour ma part. Mais sous les mêmes montées irrésistibles. Seul, dans ma chambre, pendant que les éclats de voix montaient du rez-de-chaussée. Les disputes, l’attente, la fin annoncée de la cellule familiale.Avec les années, j’avais fait ce travail nécessaire pour comprendre ce mécanisme. Pas le geste. Ce qui le précède. Cette nécessité de faire taire le tumulte, de reprendre la main quand tout échappe. J’en connaissais désormais les ressorts. Pas pour les excuser. Pour ne plus les confondre.Avec le temps, certaines peaux m’apparurent déjà chargées d’une histoire, bien avant l’encre. Certaines portaient déjà une géographie visible. Des traces que le corps avait accueillies avant que l’esprit ne puisse dire non.Il y avait ceux qui venaient chercher une image, un style, un artifice. Mais pas lui.Le dessin n’était pas une finalité. À peine une forme.Ce qui comptait se jouait avant, pendant, dans cet instant précis où le corps prenait le relais.Comme si, à défaut de pouvoir nommer ce qui débordait, il fallait le faire passer quelque part.Pas pour laisser une marque.Juste pour que ça cesse un moment.Pendant que l’on parlait, son regard fuyait parfois. Ses doigts revenaient toujours sur la même boursouflure sur son avant-bras, là où les marques se faisaient plus nombreuses. Un geste machinal, presque inconscient. Le corps, encore une fois, parlait avant lui.Je lui parlai doucement.Pas pour expliquer. Pas pour intervenir.Simplement pour mettre des mots là où, jusque-là, il n’y avait eu que du bruit. Et à mes mots, à son regard, elle cessa de parler comme figée par l’échange qui avait lieu sous ses yeux.Ce qu’il l’avait guidé et le guiderait sans doute encore, n’était ni un caprice, ni une provocation. Ce n’était pas un appel à l’attention. C’était ce besoin presque vital de faire taire le vacarme. Pendant quelques secondes, tout se calmait. Les pensées cessaient de se heurter. Le corps prenait la main, avec une précision presque rassurante. Il n’y avait pas de recherche de douleur, encore moins de destruction. Il y avait surtout cette sensation rare d’être là. Présent. D’exister.Cette évocation sembla attirer toute son attention. Ses pupilles se transformèrent en trou noir absorbant tout l’instant.Ce qui apparaissait alors n’était pas une volonté de disparaître, mais souvent l’exact inverse.La peur sourde de devenir invisible. De n’être qu’un corps de plus, sans contour, sans poids, effacé sans laisser de trace.Le geste cherchait une preuve minuscule, mais irréfutable.Quelque chose qui dise : je suis là. Même faiblement. Même brièvement. Dans un monde devenu trop vaste pour entendre.Il y avait aussi cette goutte de sang.Pas comme une blessure.Pas comme un défi lancé au corps. Parfois, quand les mots ne passent plus, quand les larmes restent bloquées trop haut, le sang devient une autre manière de pleurer. Une larme plus lourde. Plus visible. Une larme qui ne triche pas.Puis venait l’après.Cette fatigue étrange, sans honte et sans morale. Une lassitude de l’âme, comparable à celle qui suit un combat sans témoins. Le doute traverse alors l’esprit, s’éloigne, et laisse derrière lui une tentation confuse de recommencer. Non par goût du danger, mais parce que, l’espace d’un instant, quelque chose avait été vrai.Ce besoin ne naît pas chez les indifférents.Il brûle chez ceux qui refusent la vie tiède, les jours en pilote automatique. Chez ceux qui sentent, sans encore pouvoir le formuler, qu’ils sont faits pour autre chose.Rien ne fut promis.Rien ne fut apaisé artificiellement.Il fut simplement question de cette intensité, capable un jour de se retourner contre soi ou, au contraire, de devenir une matière brute. Quelque chose de solide. Quelque chose qui ne blesse plus.Les mots furent rares, ensuite durant la séance.Mais le regard se déplaça. À peine.Ce frémissement presque invisible, que seuls ceux qui savent attendre peuvent percevoir.Le regard de quelqu’un qui, pour la première fois peut-être, ne se sentait ni fautif ni monstrueux.Simplement reconnu.Au moins pour un instant.Et c’est en lui parlant que l’évidence se fit : Le tatouage et ces « gestes dirigés contre soi » peuvent se frôler sur la peau, mais ils n’avancent presque jamais avec la même intention. La plupart cherchent une forme. Lui cherchait d’abord une coupure dans le bruit.À la fin de l’été, l’émissaire aux lunettes à monture d’écaille refit surface.Je ne l’accueillis ni avec enthousiasme ni avec gratitude. J’étais fatigué, usé. Mon rêve n’avait trouvé ici qu’un écho sourd, étouffé par des projets trop étroits. Et déjà, je sentais le poids du retour à Cullera : L’hiver à venir, les nuits longues, les ouvertures imposées, les clés de Dénia qu’il faudrait rendre.J’avais bien sûr mis un peu plus d’argent de côté que l’année précédente. Suffisamment pour respirer. Pas assez pour choisir. Les week-ends resteraient nécessaires. Inévitables.Alors j’écoutas une nouvelle proposition que  j’acceptai, sans hésiter, mais sans joie non plus.Le local pourrait être réoccupé l’été suivant, dans les mêmes conditions. Rien ne changerait de ce côté-là. En revanche, pour les dix mois à venir, un appartement m’était proposé à Gandia, à quelques kilomètres seulement. En échange, il me serait simplement demandé d’intervenir ponctuellement lors de séminaires d’arts martiaux au cours de l’année.L’idée fit son chemin sans résistance.Vivre des arts martiaux. Tatouer l’été. Alterner les deux disciplines. Le mouvement et l’encrage. Il y avait là quelque chose de plus juste. Un rythme possible. Une forme d’équilibre.Il évoqua d’autres villes, presque en passant. Paris. Amsterdam. Tokyo.Je l’écoutais sans vraiment l’entendre.Quelque chose s’était déplacé, en silence. Je cherchais à tenir. À durer. À comprendre ce que cette trajectoire dessinait, malgré moi. ********Son feu savait m'allumer. Donner l’élan, puis retirer l’air. Ses flammes ont porté mes gestes plus haut qu’ils n’auraient osé, avant de les consumer sans bruit. Chaque promesse contenait déjà sa cendre. J’ignore encore s’il m’a guidé, ou si j’ai simplement appris à respirer dans l’incendie.

Chapitre 7 (2ème partie): Des illusions.

Chapitre 7 (2ème partie): Des illusions.

Stabilisé par ce retour à ma ligne fondatrice, je pris le temps de trier mes pensées durant les jours qui suivirent.Le tatouage à la chaîne n’avait répondu à aucune de mes aspirations profondes. Certes, ma main s’était affûtée. Les gestes étaient devenus rapides, précis. Mais les projets, comme les rencontres, n’avaient laissé derrière eux qu’une sensation de passage. Rien ne s’accrochait. Rien ne s’installait. Des croisements humains, à peine plus consistants que ceux d’un quai de métro à l’heure de pointe.La stratégie, pourtant, n’était pas en cause.Cullera l’était.Et comme je restais convaincu que l’opposé de la réussite n’est pas l’échec mais l’abandon, je refusais de considérer cette ville comme une impasse définitive. Une étape, peut-être. Un passage obligé. Mais pas un point final.Restait une question, lancinante :Où aller pour rencontrer des amateurs de création plus ambitieuse, plus exigeante, de toutes origines ?-Denia, pensai-je, agacé.Je l’avais précisément fui pour cette raison. Hors de question de le laisser, lui, redessiner mes routes et mes détours. À vingt-trois ans, je refusais de redevenir la mascotte que j’avais été. Celle qu’on exhibe et qu’on façonne.Je me creusais les méninges à la recherche du lieu idéal, tout en composant avec une réalité plus brutale : le peu d’argent qu’il me restait.Mon trésor de guerre n’était déjà plus qu’un champ de ruines.La garantie locative, l’aménagement, le moindre achat devenaient autant d’obstacles. La seule option viable consistait à cumuler deux studios, le temps de sécuriser une transition. Quitter Cullera sans sombrer.J’étais prêt à déployer créativité et persuasion pour faire l’impasse sur certains frais de départ.C’était sans compter sur le destin.Un destin qui n’a rien du hasard.Un télégramme me parvint.« Rendez-vous jeudi, 14 h, au terminus des bus de Denia. Signé : Senseï. »En une phrase, mon agacement et ma fermeté furent balayés.Ma tête disait non.Mon cœur, sans ménagement, la fit taire.-Le revoir. Ici. En Espagne.L’impatience étira le temps. Les trois jours qui me séparaient de la rencontre prirent l’épaisseur d’une petite éternité.Le jour J, à quelques minutes de descendre du bus, en retard, évidemment, je craignais de manquer le timing précis. Et avec le caractère du bonhomme, un simple retard pouvait signer un échec définitif. Entre deux vociférations intérieures contre la lenteur des montées à chaque arrêt, je répétais mes phrases, peaufinai mon attitude. Hors de question de laisser transparaître trop d’emballement.La place du terminus ressemblait à une esplanade des Caraïbes, hors saison.Pas la carte postale.Plutôt un coin de La Havane fatigué, figé sous la chaleur.De grands ficus écrasaient l’espace de leurs troncs massifs, racines à nu. Leur feuillage retenait l’air plus qu’il ne le rafraîchissait. L’ombre y était épaisse, presque poisseuse.Le sol clair renvoyait la lumière.Les bus entraient et sortaient lentement.Les gens attendaient là comme on attend dans les villes du sud : Immobiles, silencieux, laissant la chaleur décider du rythme.Je cherchais la silhouette du géant.Mais ce fut un homme en chemise à manches courtes, cravate, lunettes à monture écaille noire, qui s’avança vers moi. Il m’invita à le suivre jusqu’à l’intérieur d’une taberna : Un de ces bars, bas et sombres, au comptoir poisseux de bière, saturé d’odeurs d’huile rance et de sel, où les verres s’entrechoquent, où les voix traînent en valencien rugueux, et où l’on boit debout pour tenir face à la chaleur.Nous prîmes place à une table à l’arrière.  Il n’était pas là ! Je regardai autour de moi une seconde de plus, comme si l’erreur pouvait venir de moi, comme si je n’avais simplement pas regardé au bon endroit. Et je sentis monter cette déception muette, presque ridicule, celle qu’on ravale très vite parce qu’on n’a plus l’âge d’y croire, mais qui fait quand même mal.À la place, cet homme que je n’arrivais pas à définir. Sa tenue, sa manière de dire:-Mon client m’a chargé de vous exposer une proposition.évoquaient un avocat d’affaire. Mais sa coupe nette, tempes et nuque rasées, ses avant-bras secs, dessinés, me laissaient hésitant. À moins d’une passion dévorante pour le golf qui lui aurait façonné cette musculature, il aurait tout aussi bien pu être mercenaire.Peu importait.La déception occupait tout l’espace.Une émotion presque enfantine, j’en avais conscience. Mais bien réelle. Elle se transforma rapidement en une agressivité sourde dirigée vers le messager.À en juger par ses réactions, je n’étais pas perçu comme une mission ordinaire. Il me traitait avec respect, presque avec précaution. Comme s’il travaillait autant pour l’absent que pour moi.-Mon client possède un local commercial à Denia. Vous pourriez l’occuper gracieusement tout l’été. Il se situe dans une petite galerie proche de la plage. En contrepartie, il souhaite que vous ouvriez aux mêmes horaires que la librairie anglophone située juste en face. Elle est tenue par un couple britannique d’un certain âge. Il vous demande de garder un œil discret sur ses amis. Mais sans qu’ils ne connaissent votre lien avec mon client.Avant même d’analyser cette proposition étrange, la frustration parla pour moi :- Des amis ? Votre client a des amis ?Le pincement de mes lèvres trahissait ce que je pensais : Je savais pertinemment que mon Senseï avait autant d’amis qu’il possédait de robes à fleurs.Mais soit.Veiller sur un couple de libraires anglais pendant mes heures d’ouverture…Finalement, l’affaire était plutôt saine.Et puis, peut-être n’était-ce, en réalité, qu’une manière détournée de m’offrir une aide sans jamais l’admettre. Comme ces barres chocolatées déposées sur le banc du dojo ; Je savais très bien à qui elles étaient destinées.Une semaine plus tard, je m’installai.Le local était petit, mais idéalement placé. À la vitrine, l’annonce « À vendre » était encore là. Il venait manifestement de l’acheter, sans même se déplacer. Ce qui donne une idée de ses moyens. Mais emporté par l’élan, je mis ces questions de côté.La galerie était presque vide. La librairie et mon studio se faisaient face, séparés par à peine deux mètres cinquante. Le carrelage vert tapissait les rares allées de ce centre commercial miniature aux faux airs de souk marocain.Derrière leur comptoir, ils formaient un tout minuscule et rassurant : Deux silhouettes âgées, légèrement tremblantes, qui se souriaient avant même de parler, comme s’ils se demandaient silencieusement la permission d’exister. Leur douceur était celle des gens très bien élevés, sans doute croyants. Leur manière de rester serrés l’un contre l’autre évoquait ces oiseaux inséparables qui, avec l’âge, n’ont plus besoin d’ailes pour tenir ensemble.Dès le deuxième jour, ils sont venus avec un petit pudding encore tiède, enveloppé dans un tissu propre. Ils se sont excusés presque, comme si offrir était déjà un abus. Ce qu’ils cherchaient n’était pas de donner, mais d’entrer en relation.Je ne leur ai rien dit.Ni du rôle discret qu’on m’avait confié, ni de la raison exacte de ma présence ici. Leur confiance était immédiate, sans calcul, et n’appelait aucune explication.Ils ouvraient après la sieste, à l’heure où la chaleur commence enfin à lâcher prise. J’ai aligné mes horaires sur les leurs, comme cela m’avait été demandé.Cette contrainte m’offrait, en retour, une possibilité précieuse : Maintenir le studio de Cullera tout en installant celui de Denia.Deux lieux. Deux rythmes.Et la sensation diffuse que rien de tout cela n’avait été laissé au hasard.

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